Phase 1 : expérimentale 2019-2021

Construire et tester une approche participative sur les sols

Entre 2019 et 2021, Clés de Sol a été dans une première phase expérimentale, soutenue en tant que recherche participative par la Fondation de France dans le cadre de l’appel à projets CO3. Cette phase avait pour ambition de construire les bases d’une démarche de sciences participatives sur les sols : développer des protocoles d’observation accessibles et utiles à la recherche, créer les outils nécessaires à leur mise en œuvre et tester la démarche auprès de différents publics et structures de terrain. L’expérimentation devait également permettre d’identifier les atouts, les limites et les conditions de réussite d’une telle approche appliquée à la connaissance des sols.

 

·       Stabiliser les protocoles d’observation des sols

Un premier objectif était de mettre au point des protocoles simplifiés d’observation et de mesure des propriétés des sols permettant à des personnes non expertes de produire des données d’intérêt pour la recherche. Cette mise au point a nécessité différents calibrages et tests, qui ont permis d’identifier d’éventuels biais, le domaine de validité des tests et la pertinence des méthodes proposées. Pour ce faire, les résultats obtenus à partir des protocoles simplifiés, mis en œuvre par différents publics (expert·es scientifiques, animateur·rices de structures relais), ont été comparés avec les résultats obtenus selon des méthodes de référence, notamment par analyses physico-chimiques. Ce travail a permis de sélectionner des protocoles validés, qui sont entrés dans la première version de la mallette Clés de sol. Il a également permis d’ajuster leur mise en forme de manière à les rendre compréhensibles, accessibles et suffisamment attractifs pour les participant·es.

 

·       Créer les outils pédagogiques et le réseau nécessaires

La démarche ne repose pas uniquement sur des protocoles : elle nécessite également des outils pédagogiques et des personnes capables d’accompagner leur mise en œuvre. Un argumentaire scientifique a ainsi été construit pour expliciter les liens entre les propriétés observées, les grandes fonctions des sols et les besoins de recherche. Il permet également de mieux prendre en compte les incertitudes et les erreurs associées à des observations réalisées par des personnes non-expertes. En parallèle, des animateur·rices issu·es des réseaux des partenaires associatifs ont été formé·es aux protocoles. Ils et elles ont ensuite mobilisé des groupes de bénévoles, les « participants testeurs », afin d’expérimenter les protocoles et de faire remonter leurs retours d’expérience. Des supports pédagogiques ont également été conçus et testés pour faciliter la compréhension et la réalisation des protocoles : fiches techniques sur les propriétés des sols, vidéos pédagogiques, supports illustrés, etc.

 

·       Préparer le déploiement de la démarche

La phase expérimentale a enfin permis de préparer les conditions nécessaires à un déploiement plus large du projet. Les structures relais locales partenaires ont joué un rôle essentiel dans cette expérimentation. Elles ont notamment contribué à :

  • Réaliser des campagnes de prélèvement sur des sites présentant des caractéristiques différentes ;
  • Mobiliser et former des groupes de bénévoles pour tester les protocoles ;
  • Recueillir les retours d’expérience et contribuer à l’évaluation de la démarche.

 

Quels enseignements après cette première phase ?

L’expérimentation 2019-2021 a permis de faire émerger plusieurs enseignements importants pour la suite du projet.

 

·       La force de la co-construction

L’expérimentation a confirmé l’intérêt de co-construire les protocoles avec les structures relais locales, et les personnes amenées à les utiliser. Cette approche permet de trouver l’équilibre entre intérêt scientifique, faisabilité sur le terrain et accessibilité/attractivité pour les participant·es.

 

·       L’importance de l’accompagnement

En raison de la complexité des sols et de leurs propriétés, une démarche reposant uniquement sur des protocoles simplifiés montre des limites. Les participant·es ont besoin d’un accompagnement rapproché et de comprendre le sens des observations qu’ils réalisent ainsi que leurs résultats. Les structures relais, situées à l’interface entre les participant·es et la recherche, apparaissent ainsi comme un maillon essentiel de la démarche.

 

·       La nécessité de donner du sens à la participation

L’intérêt pour les sols est bien présent au sein des structures relais locales comme chez les participant·es. Toutefois, les propriétés intrinsèques des sols sont parfois moins immédiatement mobilisatrices que d’autres sujets, comme la biodiversité ou les vers de terre. L’expérimentation a donc souligné l’importance de relier les observations aux fonctions des sols et aux enjeux concrets auxquels la société est confrontée. Cette dimension est de nature à rendre la participation plus informative pour les participant·es et ouvre la voie à la conception et l’animation de projets répondant à des enjeux territoriaux, permettant de renforcer le sentiment d’utilité des participant·es, au-delà de la contribution à l’enrichissement des bases de données utilisées par les chercheur·ses.

 

 

Une première étape pour construire Clés de Sol

Cette première phase a ainsi permis de poser les bases scientifiques, pédagogiques et organisationnelles de Clés de Sol et de mieux comprendre les conditions nécessaires à la réussite d’une démarche de recherche participative sur les sols. Elle a également fait émerger de nouvelles pistes pour la suite : renforcer l’accompagnement des participant·es, poursuivre la consolidation des protocoles et augmenter leur nombre pour répondre aux besoins des participant·es, mieux relier les propriétés des sols aux enjeux sociétaux et développer le réseau de structures relais.

 

Ces enseignements ont directement nourri la phase de consolidation engagée en 2023.

 

→ Découvrir la phase de consolidation 2023-2025 [RENVOI vers l’onglet « Phase 2 »].